Exposition

327 pas de l’une à l’autre

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327 pas de l’une à l’autre Réflexions d’artistes

Rennes, églises Toussaints et Saint-Germain > 13 octobre 2017 _ 28 janvier 2018
HORAIRES : (sous réserves d’offices exceptionnelles)


. Église Saint-Germain, place Saint-Germain, 10h-18h en semaine. Fermée le dimanche.
Ouverture exceptionnelle les dimanches 17 décembre et 28 janvier après-midi pour visite.


. Église de Toussaints, rue du Capitaine Alfred Dreyfus : du lundi au vendredi 10h-18h. Samedi, 10h-17h30.
Le dimanche après-midi 13h30-18h30.


Sur une proposition du Musée des Beaux-Arts et en relation à l’exposition Le fabuleux destin, 14 jeunes élèves et anciens élèves de l’école des Beaux-Arts de Rennes investissent deux joyaux du patrimoine architectural de Rennes : les églises Toussaint et Saint-Germain.
Leurs travaux sont une réflexion autour de la relation entre l’oeuvre et son lieu d’exposition.
Commissariat : Vincent-Michaël Vallet et Fanny Gicquel


327 pas de l’une à l’autre est le titre d’une exposition en deux volets se tenant dans les églises Toussaints et Saint-Germain de Rennes. À la recherche d’un titre symbolique, les 327 pas ont été comptés méticuleusement lors d’une déambulation quasi performative avec Fanny Gicquel. Prendre en compte la distance qui sépare ces deux lieux, c’est rendre hommage à l’exposition à laquelle on doit notre invitation : Le fabuleux destin des tableaux des abbés Desjardins. En effet, cette manifestation en deux étapes, qui se tient actuellement au musée des Beaux-Arts de Rennes, propose de découvrir les peintures des églises de Paris achetées et envoyées au Québec à la suite de la confiscation des biens du clergé durant la Révolution française. D’abord exposées dans leur pays d’accueil de juin à septembre 2017, ces oeuvres sont montrées en France pour la première fois depuis deux cents ans, après un voyage qui ne se compte plus en pas mais en milliers de kilomètres. Sur une initiative de Guillaume Kazerouni, il nous a été demandé de prendre en charge un commissariat d’exposition dans les deux églises précédemment citées pour y questionner la place de l’art aujourd’hui. Dans l’idée de renforcer les liens déjà existants entre l’École européenne supérieure d’art de Bretagne et le musée et de s’inscrire dans la dynamique culturelle rennaise, chaque artiste exposé ayant effectué une partie ou la totalité de ses études à Rennes, certains y étant toujours étudiants.
327 pas de l’une à l’autre est une exposition semblable à toutes celles conçues pour des lieux d’art et par ailleurs tellement différente tant les églises écartent tout concept curatorial artificiel. Le fil rouge réflexif amène naturellement les oeuvres, ici, à prendre place entre le culturel et le cultuel, entre des monuments historiques placés au coeur de la ville et des lieux de communion pour les paroissiens qui s’y rendent fréquemment. Les églises, à travers cette dualité, offrent un terrain de dialogue enrichissant. Elles permettent de rassembler des voix diverses dans un même espace.
Trois points d’accroche permettent de saisir les relations qui s’y tissent. D’un point de vue historique d’abord. Les artistes mandatés pour une commande religieuse sous l’Ancien Régime bénéficiaient d’une visibilité publique sans équivalent, qui leur permettait de communiquer et de se faire connaître auprès du plus grand nombre. Aujourd’hui, indubitablement, la méthode reste la même pour les artistes ; Il faut se montrer pour être reconnu. Si les signatures sont moins visibles qu’auparavant, on peut toutefois avouer que choisir d’exposer dans un lieu de culte nous rapproche, avec toute la distance que cela suppose, d’une certaine tradition de l’histoire de l’art occidentale et des grands maîtres du passé. Le geste d’exposer en ces lieux, dans une vision fantasmée de l’aura de l’artiste, nous offre une proximité avec ces derniers. La démarche est pourtant radicalement différente, car les choses ont évidemment changé ;
les oeuvres s’y déploient selon d’autres modalités depuis que les artistes du xxe se sont émancipés du traitement traditionnel du sujet.
D’un point de vue social ensuite. Comme nous l’avons remarqué plus tôt, les églises sont, en plus d’être des lieux consacrés, des monuments historiques visités pour leur qualité architecturale remarquable. Ainsi, les visiteurs curieux sont à compter aux nombres des utilisateurs du lieu. Permettre à des jeunes artistes d’intervenir dans cet espace c’est aussi rendre propice de nouvelles rencontres et ajouter une lecture supplémentaire au lieu démultipliant ainsi, son rôle social au sein de la cité.
D’un point de vue politique enfin, exposer dans un lieu de culte n’est pas une chose anodine car les valeurs artistiques et religieuses s’opposent parfois. Les églises sont des lieux immuables. Ils ne sont pas des espaces neutres, ne l’ont jamais été et n’ont pas vocation à le devenir. La question n’est pas de savoir si l’église peut devenir un lieu d’exposition ;
indirectement, ne l’a-t-elle pas toujours été ? Il s’agit de savoir ce que cela signifie d’y exposer aujourd’hui.
Notre accrochage dans les églises Toussaints et Saint-Germain se veut volontairement discret. Il se peut que certaines oeuvres se remarquent à peine. Nous avons souhaité privilégier cette démarche : des interventions ponctuelles pour favoriser les échanges entre les lieux et les personnes qui s’y rassemblent. 327 pas de l’une à l’autre est une exposition pensée comme un dialogue amical. C’est une affirmation artistique qui ressemble à une allure de vie où le principe ultime serait la curiosité et la possibilité d’assumer des gestes d’ouverture simple et généreux ».
Vincent-Michaël Vallet (extrait du catalogue de l’exposition)

 

 

Autour de l’exposition
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Performances (église Toussaints)
vendredi 13 octobre à 17h
dimanche 28 janvier à 17h


Visites
(assurées par Vincent-Michaël Vallet, artiste exposant et commissaire de l’exposition)
Parcours entre les églises Toussaints et Saint-Germain. Rendez-vous devant l’entrée du Musée des Beaux-Arts à 14h50
Gratuit – Durée : 1h
samedi 25 novembre à 15h
samedi 9 décembre 15h
dimanche 17 décembre 15h
samedi 20 janvier à 15h