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Tout le poids d’une île. Collectionner l’art cubain

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Tout le poids d’une île, collectionner l’art cubain.



Projet à l’initiative du centre d’art contemporain 40mcube qui réunit le Musée des beaux-arts de Rennes et le centre d’art Passerelle à Brest, Tout le poids d’une île ; collectionner l’art cubain propose la découverte d’un art cubain patiemment collecté depuis plus de trente ans, par le rennais François Vallée. Cette collection, forte de quelque 400 pièces dont seules 130 sont présentées ici, est marquée par des partis-pris personnels, les aléas insolites du collectage, les rencontres et les échanges avec les artistes et n’est pas comparable à un fonds de musée sélectionné par des spécialistes qui font passer la raison avant la passion. Le titre de l’exposition est emprunté à la traduction française de Claude Couffon du poème La isla en peso de Virgilio Piñera, 1943.

Le Musée des beaux- arts qui conserve en son sein un exceptionnel cabinet de curiosité, véritable fenêtre ouverte sur le monde, y a trouvé là une belle occasion d’unir deux de ses principales préoccupations : l’art contemporain et l’exploration de la diversité culturelle comme incarnation d’une autre façon d’être. La question du décentrement des postures occidentales y est ainsi centrale et les visiteurs ne sont pas seulement invités à succomber au charme de l’étrangeté́, mais à ressentir l’expression d’une altérité́ qui s’inscrit dans la diversité des longues traditions des patrimoines culturels non européens. 

La connaissance des autres cultures est principalement marquée en France par son passé colonial, les relations avec ses partenaires économiques et politiques ainsi qu’avec les Grandes Puissances. Elle est en conséquence pauvre concernant l’Amérique latine. Cuba, dans cette absence d’imaginaire collectif, est souvent réduit à quelques clichés faits de salsa, de révolution communiste et de rhum. Pourtant, cette île est l’un des trois grands pôles culturels de l’Amérique hispanophone aux côtés de l’Argentine et du Mexique, et dont les influences ont eu une portée universelle. Le grand mérite de cette collection est par ailleurs de réunir autant les artistes exilés (rien qu’aux États-Unis on compte près de 10 % de la population cubaine émigrée) que les artistes insilés, ceux qui demeurent sur l’île, permettant dans l’espace en paix du musée de rassembler enfin tous les artistes citoyens de la création cubaine contemporaine.

Pour l’occasion, le Musée des beaux-arts a invité trois artistes à intervenir dans ses galeries pour la réalisation d’œuvres éphémères : Néstor Arenas pour une fresque présentée dans le patio, José Franco avec une installation, et José Bedia également pour deux fresques, trois artistes parmi les plus importants de l’expression cubaine contemporaine.